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Une couronne pour trois

29 novembre 2025 par
Une couronne pour trois
Mazoura ALIDOU
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Une couronne pour trois 

Lorsqu’en pleine cérémonie le prince Maurel s’écroule soudainement, le royaume de Saragatt sombre dans le chaos. Ses trois sœurs, Rosael, Marina et Rubi, doivent affronter un avenir qu’aucune n’avait envisagé. Entre rivalité, loyauté, amours interdits et ambitions naissantes, chacune découvre que la couronne qu’elles n’ont jamais désirée peut devenir un piège mortel. Une seule chose est certaine : le pouvoir révélera leur vraie nature et changera leur destin à jamais.

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Chapitre 1 


̶         Princesse Rosael Elvira CAMBOG FRANCIS DE LAZARIOS, Princesse Rubi Leonora CAMBOG FRANCIS DE LAZARIOS, Princesse Marina Saphira CAMBOG FRANCIS DE LAZARIOS accompagnée de son fiancé le Prince Jude Nolan ASCARATE, Prince Maurel Jordy CAMBOG FRANCIS DE LAZARIOS, Sa majesté le roi…

L’immense palais du roi Carl II accueillait une grande foule pour rendre hommage à la reine Liziria qui avait rejoint les cieux depuis désormais dix ans. Le roi, vieux et veuf depuis de longues années, avait décidé de profiter du dixième anniversaire de la mort de la reine pour présenter son fils ainé Maurel comme son successeur au trône. C’était une incroyable chance pour lui, car il n’aura pas à faire un choix entre ses trois filles nées le même jour. Rosael, Marina et Rubi avaient partagé le même ventre mais ne se ressemblaient en rien. Elles étaient tellement différentes que chacune d’elle avait une garde-robe remplie de vêtements de même couleurs et différentes de celles des autres. Rosael était douce, avec un regard craintif et des lèvres fines. Elle était la seule des princesses à toujours se vêtir de rose. Marina était généreuse et rêveuse. Elle était plus mature et avait le sens des responsabilités. La princesse Marina adorait le bleu. Quant à Rubi, elle semblait être la plus immature, arrogante, ambitieuse, mais réservée. Elle n’avait qu’un ami, son frère Maurel. Sa seule couleur, à elle, était le rouge.

Tout le monde était debout autour de la longue allée dans laquelle marchait la famille royale. Après le long discours du protocole du roi, Maurel fut présenté à tous.

Plusieurs tables, pour quatre royalement décorées, accueillirent plus tard les invités.

Maurel était un jeune homme de caractère avec une allure très imposante. Il inspirait confiance à tel point que beaucoup disaient qu’il ferait un meilleur roi que son père. Il avait longtemps été guerrier, et durant tout son séjour dans la garde royale, il avait dirigé les troupes et s’était avéré être le plus redoutable guerrier et meneur que le royaume ait connu depuis plus de trois générations.

A seulement vingt-huit ans, il avait une réputation sans pareille. Tous les royaumes voisins le connaissaient. Après avoir remporté trois grandes guerres en quatre ans, il a su se débarrasser de plusieurs ennemis du royaume et dissuader tous les autres de menacer leurs terres.

Maurel avait pourtant un défaut, il ne résistait pas à la beauté féminine. Il collectionnait des compagnes et brisait des cœurs. Son grand sens de l’humour qui accompagnait son fort caractère le rendait deux fois plus séduisant, mais son refus de se marier était l’une des choses qui déplaisaient à son père ; et ce soir encore, ils en parlaient.

̶         Je ne saurai dire à quel point je suis fier d’avoir un fils comme toi, lui disait son père assis à une table avec lui, Rosael et Rubi.

̶         Je me sens honoré, père. Tout ce que j’ai appris, c’est de vous que je l’ai appris.

̶         Il n’y a aucun doute, tu fais des jaloux. Tu seras un roi exceptionnel mais…

̶         Mais ?

̶         Mais un bon roi a besoin d’une reine à ses côtés. Cette vie de jeune homme célibataire que tu mènes te met en danger et t’expose.

̶         J’ai toujours su être prudent.

̶         Aujourd’hui tu es un prince. Quand tu deviendras roi sache que tous les moyens seront bons pour t’atteindre.

̶         Je vais y réfléchir père.

̶         Majesté, appela l’un des gardes qui avait marché de la porte pour se rapprocher du roi, il y a une fille dehors qui dit qu’elle a reçu une invitation pour la cérémonie.

̶         Mais alors, faites-la entrer. Ne vous a-t-on pas dit qu’il fallait laisser entrer les gens avec une invitation ?

̶         Le problème est que je doute que vous ayez vraiment invité cette personne.

̶         Qui est-ce donc ?

̶         Shimaya, l’une des prostituées les plus réputées du royaume majesté.

̶         Une prostituée ? Ici ?

̶         Je vais m’en occuper, proposa le prince Maurel.

̶         As-tu invité cette fille ? S’énerva le roi.

̶         Bien-sûr que non, je veux juste voir ce qui l’emmène ici. Je pense qu’il vaut mieux que je la traine loin d’ici avant que nos invités la remarquent.

̶         Les gardes peuvent s’en occuper. Tu ne peux pas t’échapper de ta propre cérémonie.

̶         Premièrement ce n’est pas ma cérémonie mais celle du dixième anniversaire de la mort de maman et deuxièmement je n’en aurai pas pour longtemps.

Maurel prit congé de son père et se dirigea à l’extérieur du palais. Il traina la jeune fille par le bras jusqu’aux écuries et passa une main dans ses cheveux. Ils se connaissaient et visiblement très bien.

̶         Que faites-vous ici Shimaya ? Voulez-vous me créer des problèmes ? Salir ma réputation ? Qui vous a donné cette invitation ?

̶         Je vous l’ai dérobé la nuit dernière et j’y ai ajouté mon nom.

̶         Savez-vous que c’est un crime de faire ça ? Vous pourriez vous faire tuer pour une tricherie pareille.

̶         Je sais, mais il fallait que je vous parle.

̶         Cela ne pouvait-il pas attendre ?

̶         Vous venez me voir à peine une fois chaque dix jours. Alors non cela ne pouvait pas attendre. Je vous aime Maurel et je sais que vous m’aimez aussi alors pourquoi me cacher ?

̶         Vous plaisantez ? Voudriez-vous que je vous présente à tout le peuple comme ma future épouse et la future reine de ce royaume ? Là maintenant alors que je m’apprête à recevoir les honneurs de mon titre ? L’amour est un sentiment très fort, mais face au devoir il ne vaut rien, surtout si ledit devoir représente la vie de tout un peuple.

̶         Je n’aurais jamais dû vous faire confiance.

̶         Ne dites pas cela Shimaya, de toutes les femmes que j’ai rencontrées, vous êtes la seule avec qui j’ai été sincère et la seule pour qui je nourris de vrais sentiments.

̶         Et vous vous êtes le seul homme à qui j’ai été fidèle. Je vous ai donné mon cœur et pour vous j’ai cessé de faire la seule chose que je savais faire. Vous n’avez pas le droit de m’abandonner comme ça, pas maintenant.

̶         Shimaya, quand je serai roi, je vous jure que je ferai tout le nécessaire pour que mon peuple vous accepte. Mais pour que cela se fasse, vous devez continuer à vous tenir droite, quitter ce bordel pour de bon.

̶         Combien de fois vais-je vous dire que je n’y vais plus ?

̶         Un de mes hommes vous a vu y aller il y a quelques jours. Je n’ai rien voulu vous demander, car je savais que vous inventeriez d’autres mensonges.

̶         Même si je vous dis ce que j’y faisais vous ne me croiriez pas n’est-ce-pas ?

̶         En effet.

̶         Vos hommes ne vous ont pas aussi rapporté que j’y suis restée à peine un quart d’heure ?

̶         Un quart d’heure, c’est assez pour m’être infidèle.

Maurel ne vit pas venir la gifle de Shimaya. Furieux, il la saisit par les bras le regard menaçant.

̶         Vous savez pourquoi vous ne pouvez pas être reine ? Parce-que vous n’avez aucun respect pour l’homme que vous dites aimer et aucun respect pour la couronne. Vous vous comportez comme une sauvage.

̶         Sir, appela un jeune chevalier qui, depuis peu, était le protégé du prince, les gens commencent à remarquer votre absence et le comte de Lawrence demande à vous parler.

̶         D’accord Karlion, répondit Maurel en ôtant ses mains des bras de la jeune femme.

̶         Je dois vraiment vous parler, insista Shimaya.

̶         Plus tard, j’enverrai Karlion à votre demeure avec une note demain à la première heure.

̶         Sir, interrompit Karlion, je crains ne pas pouvoir me libérer demain, le sir Archibald exige que nous soyons tous à l’arène dès l’aube pour un entrainement.

̶         N’est-ce-pas moi qui vous entraine personnellement Karlion ?

̶         C’est bien vous majesté.

̶         Rassurez-vous mon cher ami, ce cher Archibald n’a rien à vous apprendre que je ne vous ai déjà appris. C’est juste un prétentieux qui a du mal à s’adapter à son nouveau titre et qui en fait un peu trop pour attirer les bonnes grâces du paternel.

̶         Tout était bien mieux quand c’est vous qui dirigiez les troupes.

̶         Malheureusement notre cher roi me préfère à ses côtés.

Les deux hommes continuèrent leur discussion tout en s’éloignant des écuries. Shimaya ne resta pas plus longtemps et quitta le palais quelques minutes après leur départ.

Assis à une table avec sa fiancée et deux autres invités, le prince Jude remarqua Rubi qui était debout près du buffet. Il s’excusa auprès de ses compagnons et marcha jusqu’à elle. Elle avait du mal à tenir toutes les quatre coupes qu’elle avait en main.

̶         Laissez-moi donc vous aider, proposa Jude.

̶         C’est gentil, tenez donc.

Rubi tendit deux coupes à Jude qui les prit. Son regard curieux ne resta pas inaperçu.

̶         Pourquoi diable me dévisagez-vous ainsi ?

̶         Je me demandais juste pourquoi une princesse telle que vous préfère se servir elle-même au lieu de laisser les domestiques s’en charger.

̶         Comme le disait grand-mère paix à son âme, on n’est jamais mieux servi que par soi-même.

̶         Dites-moi, vous arrive-t-il de sourire ? Vos sœurs paraissent généreuses, adorables, mais vous vous semblez si froide et inaccessible. Vous avez un fort caractère et je crois que vous ferez une bonne reine.

̶         Sauf que je ne suis pas destinée à être reine. La princesse Marina est celle qui aura sans doute un tel privilège vu qu’elle épousera un prince héritier.

̶         Ceci reste à voir, mon père est encore si jeune et si fort que j’ai l’impression que je mourrai bien avant lui.

̶         Très drôle.

̶         Et pourtant cela n’a pas réussi à vous arracher un sourire. Malgré cette mine affreuse, vous restez de loin la plus belle de toutes.

̶         Faites bien attention à vous Jude, si je n’étais pas une femme raisonnable, je pourrais croire que vous me faites la cour.

̶         Serait-ce si grave ?

̶         Vous feriez mieux de retourner aux côtés de votre fiancée. Il est évident qu’elle ne sait plus rester loin de vous.

Rubi retira ses coupes des mains de Jude et alla les poser à sa table. Son père et Rosael se servirent et la coupe du prince Maurel resta là à attendre la fin de sa discussion avec le compte de Lawrence. Marina se leva pour retrouver Jude devant le buffet.

̶         De quoi parliez-vous ? Demanda-t-elle à son fiancé.

̶         Oh de rien en particulier. Votre sœur est une boule de mystère.

̶         Ça c’est le moins qu’on puisse dire. Elle a toujours été si froide. Je plains l’homme qui l’épousera.

̶         Croyez-moi un tel caractère est ce qui rend certains hommes fous. D’ailleurs je pense qu’elle ferait une incroyable reine.

̶         Avoir un frère à qui la couronne est destinée depuis tout petit nous a empêchés d’avoir de telles aspirations. Nous avons pu vivre loin de ce fardeau.

̶         Ma chère, n’oubliez pas que vous risquez de devenir reine bien assez vite, en m’épousant.

̶         J’ai encore de longues années pour me préparer.

̶         C’est évident. Regardez de l’autre côté, on dirait que le comte de Lawrence a fait le déplacement juste pour mettre sa fille dans les bras de votre frère. Le pauvre, je n’aimerais pas être à sa place. Pouvoir choisir en toute liberté la femme avec qui on désir passer sa vie est une bénédiction.

̶         Vous avez totalement raison, mais demander à Maurel de faire un choix serait lui demander de transformer ce palais en un bordel. En plus de n’avoir aucun goût et aucune classe en matière de femmes, mon frère les aime toutes.

Marina et Jude riaient de ce petit commentaire en vidant leurs coupes.

Le comte de Lawrence, sa fille Iverra, le prince Maurel et son fidèle compagnon Karlion étaient debout dans un coin de la grande salle royale à s’échanger quelques politesses. Le comte semblait toutefois avoir un sujet plus important qui lui tenait à cœur.

̶         Pouvez-vous vous séparer une minute de votre valet pour que nous ayons une discussion plus sérieuse ? Demanda le comte à Maurel.

̶         Mon valet ? Interrogea Maurel.

̶         Je pense qu’il parle de moi sir, avança Karlion, je vais me retirer un moment.

̶         Non attendez Karlion. Sans vouloir manquer de respect au comte, je voudrais que sa politesse sache faire la différence entre un loyal chevalier et un valet. Karlion est un brillant jeune homme, sans doute le seul qui un jour réussira à manier l’épée mieux que j’ai bien pu le faire. C’est la seule personne à qui je confierai ma vie. Alors, s’il vous plait que pour rien au monde on lui manque de respect !

̶         Oh cela va de soi. Nous avons tous un petit toutou à qui nous tenons, mais est-ce nécessaire qu’il participe à notre conversation ? Il est sans doute digne de garder vos secrets, mais pour garder les miens, il faudra que je le connaisse mieux. Si cet homme était blanc comme tous les autres je comprendrais mais il est noir, je doute qu’il vienne d’une famille noble.

̶         Ne vous en faites pas sir, je vais en profiter pour étancher ma soif. Je ne serai pas loin.

Karlion se retira et marcha vers le buffet, laissant le prince en compagnie du comte et de sa fille.

̶         Je voulais personnellement vous présenter ma fille Iverra, une véritable perle rare.

̶         Enchanté, c’est un plaisir et un honneur de vous rencontrer.

Maurel salua poliment et embrassa la main de la jeune Iverra qui semblait très timide.

̶         Tout l’honneur est pour moi, répondit la jeune femme.

̶         J’ai éduqué ma fille en faisant très attention aux moindres détails, ajouta le comte. Iverra est vraiment un trésor que les jeunes rois s’arracheraient. Elle a des valeurs et un don incontestable quand il s’agit de diriger. Elle a toujours rêvé devenir reine et d’apporter tout son soutien et son savoir-faire à son peuple. Quoi de mieux qu’une reine honorable pour un jeune homme tel que vous ?

̶         J’avoue que j’apprécie le fait que vous ayez pensé à moi pour votre fille, mais cette façon de la vendre n’est pas forcément la meilleure. Rien qu’en observant votre fille, je peux voir toutes ces qualités dont vous me parlez. Cependant, plus vous en parlez, plus elles disparaissent. Les pierres précieuses n’ont besoin d’aucune publicité, elles se vendent toutes seules. Désormais laissez le charme de votre fille opérer tout seul. Une femme comme Iverra est sans doute une bénédiction ; sauf qu’un beau-père comme vous c’est moins plaisant. Je l’ai dit et je le répète, je ne voudrais surtout pas être impoli.

̶         Oh ne vous inquiétez pas, je comprends. Même les plus âgés ne refusent pas quelques conseils.

̶         Ça me fait plaisir de l’entendre, car c’est tout ce que vous obtiendrez de moi. Votre offre ne m’intéresse pas et mes sincères excuses dame Iverra, ce n’est pas contre vous.

̶         Je comprends, partez en paix.

Maurel embrassa de nouveau la main d’Iverra et lui fit un sourire.

̶         Ce fut un honneur de faire votre connaissance, termina Maurel. Je vous souhaite de trouver un époux qui sera à la hauteur de vos attentes. Veuillez m’excuser.

Maurel se retira et rejoignit la table de son père. La colère noire sur le visage du comte fit rigoler Karlion qui observait de loin. Il avait compris que son prince avait dû remettre ce vieil homme arrogant à sa place.

̶         Il est d’une arrogance ! Affirma le comte en buvant dans sa coupe.

̶         Je le trouve plutôt impressionnant, contredit Iverra avec un léger sourire. Cet homme fera un roi incroyable. Je crois que le divin s’apprête à régner sur le royaume de Saragatt.

̶         C’est ce qu’on verra.

Des clins d’œil entre Rosael et Karlion. Elle semblait lui indiquer les couloirs alors que le jeune chevalier tentait d’exprimer son refus. Agacée, Rosael se leva, se retira de la salle et prit le couloir qui menait vers ses appartements.

Karlion regarda autour de lui et se décida à la rejoindre discrètement. Quand Rosael arriva à sa porte, elle l’ouvrit et tira le jeune chevalier à l’intérieur avant de refermer.

̶         Vous me faites courir un grand risque princesse, lui fit remarquer Karlion.

̶         Je pensais que le danger vous passionnait, murmura Rosael.

̶         Partir en guerre contre l’ennemi n’est rien face à la colère d’un roi ou d’un prince qui a placé toute sa confiance en vous. Votre frère me tuerait s’il savait la relation que j’entretiens avec vous.

̶         Aimer n’est pas un crime.

̶         Certes, mais vous êtes de sang royal et moi je ne suis même pas de sang noble. Je suis chevalier juste parce-que votre frère l’a voulu.

̶         Mon frère vous apprécie, je suis sure qu’il serait fier d’apprendre que sa sœur fréquente un homme tel que vous. Maintenant, cessez de me faire de longs discours sur les classes sociales et les races. Vous m’avez terriblement manqué.

̶         Et moi je ne saurai dire à quel point vous m’avez manqué Rosael.

Karlion porta la princesse dans ses bras, marcha jusqu’à son lit et l’y posa. Il l’embrassa tendrement et elle se retourna pour qu’il l’aide à défaire tous les nœuds de sa robe.

Pendant ce temps Maurel vidait sa coupe en compagnie de son père et de Rubi.

̶         Que voulait-il, le comte de Lawrence ? Demanda Rubi à son frère.

̶         Oh tu sais, comme tous les autres… il cherchait un bon parti pour sa fille.

̶         Je pense que cette fille t’irait à merveille. Derrière son sourire d’ange se dissimule, à mon humble avis, un fort caractère. En lieu et place d’un refus catégorique que tu opposes à toutes charmantes opportunités,  laisse-toi faire, l’amour ne frappera pas deux fois à ta porte.

̶         Allez Rubi, qu’est-ce-que tu en sais ? Tu as le cœur tellement fermé que même Archibald avec son égo surdimensionné ne relèverait pas le défi de te faire succomber.

̶         C’est tant mieux pour Archibald. J’en suis fort aise ! C’est un homme bien trop arrogant pour n’importe quelle femme. Cet homme mourra seul, ma foi !

̶         Continue comme ça et tu partageras le même destin que lui.

̶         Ainsi, est-elle si dépréciable à ton goût,  cette chère Iverra ?

̶         La fille est charmante, mais le père !

̶         Voilà qui confirme mes doutes à ce sujet ! C’est pourtant un beau-père comme lui qu’il te faut.

̶         Cet homme est trop dans les nuages. Si tu savais comment il a osé traiter Karlion, comme un maudit esclave.

̶         Si seulement il savait que dans l’une de tes précédentes vies tu étais abolitionniste. Mon frère est un ange, celui qui brise les chaines de l’esclave et fait se repentir les prostituées.

A ces mot la boisson de Maurel lui sortit presque par le nez. Elle ne l’avait pas dit par hasard et il avait bien compris ses insinuations. Il espionna le regard de son père une seconde, espérant qu’il n’ait rien compris.

̶         Si je t’attrape Rubi, menaça-t-il.

̶         Non et non, avertit le roi. Vous allez vous calmer, car nous avons des invités.

Le roi avait compris qu’ils allaient encore une fois se pourchasser comme à leur habitude. Rubi et Maurel étaient très proches et adoraient se taquiner et courir dans le palais comme des enfants. Maurel était le seul qui arrivait à faire rire sa sœur et le seul avec qui elle se sentait en confiance. Il ne lui racontait pas ses secrets, mais il ne les lui cachait pas. Plus d’une fois elle l’avait surpris avec Shimaya et n’avait fait aucun commentaire.

̶         Suis-moi, ordonna Maurel à sa sœur, nous allons ouvrir le bal et en profiter pour discuter.

̶         A vos ordres futur roi, mais si vous me marchez sur les pieds, je pourrais crier tellement fort un prénom…

̶         Rubi,

̶         Je plaisante, pose donc ta coupe qu’on y aille.

̶         Je vais la garder, un seul mot de travers et je te balance le reste de ma boisson à la figure.

Rubi ne dit pas un mot de plus et Maurel l’invita à danser. Dès qu’ils firent leurs premiers pas, Maurel se sentit mal. Il plaça sa main sur sa poitrine et inquiète, sa sœur lui demanda ce qui n’allait pas. Quelques secondes après, il s’écroula au sol le regard vide, laissant tomber sa coupe.

Le médecin de la cour se précipita vers lui et toute la salle debout dans un silence absolu attendait que le médecin se prononce. Le roi était debout aux côtés de Rubi. La famille du jeune prince avait formé un cercle autour de lui mais Rosael était absente.

̶         Il est mort, annonça le médecin, le prince Maurel Jordy

CAMBOG FRANCIS DE LAZARIOS est mort.


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